Manipulation de l’image des policiers dans les séries américaines ?

Je ne sais pas vous, mais moi je suis choquée par le terme employé systématiquement dans les séries et les films américains pour désigner les policiers. Avez-vu remarqué ? On ne dit jamais « policier », mais « flics ». Toujours. C’est comme si, pour désigner un chien, on n’employait jamais le mot « chien » mais on disait « cabot ». Systématiquement. J’ai vérifié dans le dictionnaire Robert : les deux termes relèvent du même registre. Comment cela influencerait-il notre vision des chiens et le respect que nous avons pour eux si on les désignait toujours par « cabot » ?
Peut-être commencez-vous maintenant à comprendre pourquoi je suis choquée. Combien de temps faut-il à votre avis avant que la jeunesse de notre pays ne se mette à parler des policiers comme des « flics », oubliant peut-être le terme appartenant au registre courant ? Et combien de temps pour que le respect associé à la fonction diminue pour atteindre un point infinitésimal ? C’est tellement plus facile d’associer l’adjectif « sale » à « flic » ou « cabot » plutôt qu’à « chien » ou « policier », vous ne trouvez pas ?
Pourtant, le respect qu’on a pour la police devrait être énorme, et il gagnerait à être cultiver, contrairement à ce qu’on observe depuis des années. Parce qu’à quoi sert la police ? C’est une pièce majeure au sein d’un collectif humain – et je ne dis pas centrale – parmi d’autres éléments majeurs. En théorie, le rôle de la police est de ramener une collectivité dans un état harmonieux. Dès que quelque chose survient qui vient troubler cette harmonie, la police est (théoriquement) là pour ramener les choses dans l’ordre et l’harmonie. Il ne s’agit pas d’un ordre rigide, ni de contrôle, mais de remettre de l’harmonie au sein des relations sociales.
C’est pour cela que la fonction mérite notre respect et notre attachement, elle devrait être défendue dans sa pureté. En la traitant avec désinvolture par des termes familiers voire péjoratifs (les dictionnaires que j’ai consultés ne sont pas tous d’accord à ce sujet), on n’est pas prêts d’améliorer les relations entre les policiers et le peuple au service duquel ils sont (censément), et cela ne va pas non plus encourager ces derniers à exercer leur fonction dans sa pureté originale. C’est comme votre chien : en le traitant systématiquement de cabot, vous avez peu de chances d’en faire un animal respectueux des ordres que vous lui donnez et affectueux envers vous.

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